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Le parti
joue sur le
discours royal pour réclamer justice.
La réforme de
la justice au Maroc veut tout dire pour les militants du parti d’Al
Badil Al Hadari dissout sur une décision du premier ministre.
Azzedine Allam, cadre du parti, ne cache pas sa satisfaction
vis-à-vis de l’initiative royale. Il y voit même un don royal qui
devrait changer la donne dans l’affaire de leurs cadres Mustapha
Mouaatassim et Mohamed Amine Ragala. « le fait que le souverain
ait ordonné l’indépendance de la justice nous soulage. Cela devrait
certainement avoir son impact sur le déroulement des jugements de
nos militants et de tous les accus »s politiques dans l’affaire
Belliraj à la cour d’Appel », précise Allam. Et d’ajouter que
« l’appel royale prouve que jusqu’à présent la justice a toujours
été manipulée par des décideurs qui empêchent le Maroc de poursuivre
sa lancée dans le domaine des droits de l’Homme ». Preuve à l’appui,
les militants d’Al Badil Al Hadari ouvre la parenthèse sur une
affaire plus délicate pour prouver l’influence de la justice par les
décideurs : le recours par rapport à la dissolution du parti déposé
par ces militants n’a pas encore été étudié par le Tribunal
administratif. Notons que le premier ministre s’est référé à
l’article 57 de la loi sur les partis, lequel stipule que « sera
dissout, par décret, tout parti politique qui provoquerait des
manifestations armées dans la rue, ou qui présenterait, par sa forme
et son organisation militaire ou paramilitaire, le caractère de
groupes de combat ou de milices privées ou qui aurait pour but de
s’emparer du pouvoir par la violence, de porter atteinte à la
religion islamique, au régime monarchique ou à l’intégrité
territoriale du Royaume ».
De son côté,
Azzedine Allam assure que son parti a « la preuve formelle que le
gouvernement intervient dans cette affaire pour empêcher le tribunal
de faire son devoir. L’avocat du gouvernement avait adressé une
lettre au conseil suprême de la justice lui demandant d’annuler
notre requête pour des raisons sécuritaires. Et c’est pourquoi notre
requête traîne toujours au tribunal ». Mais il garde tout le même
espoir : « avec le nouvel appel royal nous avons repris confiance
en la justice qui serait, sans doute, plus indépendante dans l’étude
de notre requête, malgré les pressions du gouvernement ». Ceci dit,
« Al Badil Al Hadari sera le grand bénéficiaire de l’indépendance de
la justice dans les mois à venir », conclut-il.
R.A |